Saisie-Salaire (Lohnpfändung)

Une saisie-salaire est une ordonnance du tribunal cantonal vous imposant de retenir mensuellement un montant ou un pourcentage du salaire brut d'un employé et de le verser à l'autorité créancière. Cela survient généralement pour rembourser des arriérés d'impôt, des pensions alimentaires ou d'autres dettes. Vous devez protéger le minimum d'existence et remettre rapidement les sommes retenues.

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Une ordonnance de saisie provient d'un tribunal cantonal ou d'une autorité de poursuite. Elle vous oblige à retenir un montant ou un pourcentage du salaire de l'employé et à le verser à l'autorité. Ce n'est pas une mesure disciplinaire, mais un mécanisme légal de recouvrement de dettes.

L'ordonnance nomme l'employé, le créancier, et le montant ou pourcentage exact à retenir. Vous devenez un intermédiaire—vous détenez temporairement le montant saisi et le remettez à l'autorité, pas directement au créancier.

Quand la saisie-salaire se produit et vos obligations

Les saisies-salaires proviennent typiquement d'arriérés d'impôt, de pensions alimentaires, d'amendes ou de dettes de consommation. Le tribunal calcule un montant saisissable en fonction du salaire et des seuils d'exemption cantonaux. Vous devez retenir sur le salaire brut—jamais sur le net—et ne pouvez pas simplement verser le salaire sans effectuer la saisie.

La Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) vous oblige à respecter le délai indiqué dans l'ordonnance. Non-respect expose votre responsabilité. Traitez la retenue comme une source imposable : mensuellement, documentée, et remise à l'autorité dans les délais.

  • Toujours retenir sur le salaire brut ; jamais sur le salaire net.
  • Remettre les montants retenus à l'autorité de poursuite cantonale dans le délai imparti.
  • Tenir des registres écrits de toutes les retenues pour l'employé et vos dossiers fiscaux.
  • Le minimum d'existence est spécifique au canton—confirmer le seuil auprès de l'autorité de poursuite.
  • Ne pas discuter des détails de la saisie avec d'autres employés ; ne pas révéler les identités des créanciers.
  • Si l'employé conteste l'ordonnance, il doit le faire devant le tribunal, pas auprès de vous.

Minimum d'existence et taux de saisie

Chaque canton définit un minimum d'existence—généralement CHF 1'500–2'000 par mois pour une personne seule—en dessous duquel aucune saisie n'est autorisée. Au-delà, un pourcentage (souvent 10–20 %) est saisissable. L'ordonnance spécifie le taux. Si un employé gagne CHF 4'000 et le minimum est CHF 1'800, seuls CHF 2'200 sont saisissables.

Les salariés à temps partiel (p. ex. 60 % Pensum) sont calculés sur leur salaire réel, pas l'équivalent temps plein. Un employé à 60 % gagnant CHF 2'400 a le même minimum d'existence qu'un salarié à temps plein—le pourcentage ne change pas. Toujours confirmer le Pensum actuel dans la paie.

  • Le minimum d'existence n'est pas négociable et varie selon le canton.
  • Pour les salariés mariés ou ayant des personnes à charge, le seuil est généralement plus élevé.
  • Si le salaire tombe en dessous du minimum d'existence un mois, arrêter les retenues ce mois-là.
  • Les saisies multiples sont échelonnées selon la priorité fixée par le tribunal.
  • Les bonus et le 13e mois sont des revenus et saisissables au-delà du minimum.
  • À la fin de l'emploi, régler les saisies finales dans le versement du certificat de travail et notifier l'autorité.

Les erreurs les plus courantes

L'erreur la plus commune est de retenir sur le salaire net plutôt que brut. Les employeurs pensent souvent que l'employé ne "sentira" la réduction que dans le net, mais la loi exige une retenue sur le brut. Cela déplace incorrectement la charge fiscale et peut rendre la saisie invalide. Toujours retenir sur le salaire brut.

La deuxième erreur fréquente est de négliger les changements de Pensum. Si un employé passe de temps plein à 80 % Pensum en cours d'année, l'ordonnance de saisie doit être recalculée—le minimum d'existence ne baisse pas proportionnellement. Signaler immédiatement les mises à jour de Pensum à la paie.

  • Ne pas compenser la saisie contre les augmentations ou rattrapages de salaire sans approbation du tribunal.
  • Ne pas suspendre les saisies durant les congés ou absences maladie ; elles s'appliquent à tous les revenus.
  • Éviter les arrangements informels avec l'employé pour 'sauter' une retenue.
  • Ne pas supposer que l'ordonnance se termine si l'employé quitte; confirmer la clôture auprès de l'autorité.
  • Tenir un registre séparé pour chaque ordonnance : date de début, pourcentage, date prévue de fin.
  • En cas de doute sur le pourcentage ou le minimum dans votre canton, consulter l'autorité par écrit—ne pas improviser.

Questions fréquentes

Que faire si le salaire de l'employé tombe sous le minimum d'existence ?
Arrêter les retenues ce mois-là et signaler le manque à l'autorité de poursuite. Reprendre les retenues le mois suivant si le salaire remonte. Le minimum d'existence est absolu et incontournable.
Puis-je saisir sur le 13e mois ou les bonus ?
Oui. Le 13e mois et les bonus sont des revenus et saisissables au-delà du minimum d'existence. Les calculer comme tout salaire mensuel régulier.
Que se passe-t-il si l'employé conteste l'ordonnance ?
Il doit déposer un recours auprès du tribunal qui a émis l'ordonnance. Vous continuez à retenir selon l'ordonnance en cours jusqu'à ce que le tribunal la suspende. Le recours de l'employé ne vous concerne pas.

Informations générales pour les employeurs suisses, pas un conseil juridique. Faites valider par un juriste tout ce qui a des conséquences légales.

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